Si je vous dis qu’un trépied vous ouvre un énorme champ de créativité, cela ne vous parle pas forcément. Car, normalement, suite à la lecture decomment concilier la photo et la pratique de la randonnée ainsi que les conseils de compositions basiques en photo vous savez qu’un smartphone en randonnée suffira à répondre à vos besoins par conséquent, vous n’avez pas besoin d’un trépied et cet article pourrait vous être superflu MAIS… mais, cher lecteur, la photo de randonnée recèle un piège ! On risque d’y prendre goût rapidement (surtout quand on nous complimente de nos progrès).

De fait, au fur et à mesure de vos progrès en photos de randonnée, vous passerez du côté obscur de la force: Vous vous poserez alors la question : comment produire de meilleures photos de montagne. Consécutivement à l’achat d’un réflex (ou de tout appareil photo ayant un système de vissage) vous allez entendre parler d’heures dorées, de photos nocturnes de la voie lactée surplombant un lac de montagne et vous allez probablement considérer l’adoption, comme nouvel animal de compagnie de randonnée, d’un accessoire fort utile en photo (et donc en photo de randonnée) : le trépied.

 

A quoi me servira un trépied en randonnée ?

 

A quoi sert le trépied ? A part alourdir votre sac, le trépied sert, en fait, rarement. Mais je pense que c’est également parce que vous ne connaissez pas forcément toutes les possibilités de l’utilisation du trépied.

Un trépied peut vous servir :

  • au pauses longues
  • à obtenir une image nette dans des conditions de luminosité difficile (lumière du matin, du soir, brouillard, orage)
  • aux expositions multiples (bracketing) avec lesquelles vous pouvez réaliser une photo HDR en fusionnant les calques
  • à la surimpression (ou photo multi-séquence découpage du mouvement sur une même photo)
  • à la prise de vue à distance, notamment pour l’animalier
  • à la macro (où on peut combiner la technique du bracketing à profondeur de champ avec fusion de calques pour obtenir un petit sujet totalement nette)
  • portraits
  • light painting
  • en vidéo vous pouvez réaliser des time lapse

Evidemment, comme tout élément de votre sac à dos, il faudra penser à optimiser le poids de son trépied afin de randonner léger.

source

Exemple de light painting dans une grotte : source

Une vidéo de Nouvelle-Zélande incorporant des time-lapse.

Il y a plusieurs paramètres à prendre en compte lors de son choix de trépied :

  • le poids (très important),
  • la hauteur de travail (s’il n’ouvre qu’à 1m, cela peut être handicapant et contraignant)
  • sa compacité (le volume qu’il prend),
  • sa capacité de charge maximale (ce qu’il peut supporter)
  • sa stabilité (face au vent par exemple),
  • son adaptabilité (par rapport au terrain. Possède t-il des jambes multi-angles avec réglage indépendant ? )

 

Mais avant de voir, ultérieurement, quel trépied choisir en randonnée (afin d’éviter d’incapacité mes lecteurs sur smartphone qui ont parfois des douleurs au doigts à force de scroller), revenons à l‘utilité de ce dernier afin de vérifier si, réellement, vous en avez besoin (car un achat de qualité reste un investissement de quelques centaines d’euros).

 

La stabilité

C’est la fonction première du trépied. Gagner en stabilité lors de votre prise de photo. A quoi cette stabilité sert-elle concrètement ? A limiter le risque de flou et à vous permettre de réaliser des photos nettes dans des conditions difficiles (luminosité faible). Et une photo nette, c’est déjà une bonne base pour obtenir une bonne photo !

Le flou peut-être dû soit à vous, en tant qu’utilisateur (on a un alors flou de bouger naturel en prise de vu sous les 1/50s) soit vous et les éléments extérieurs (comme le vent) qui augmentent le risque de flou.

Lorsque vous gagnez en stabilité, vous pouvez réaliser non seulement des photos plus nettes mais aussi plus lumineuses. En effet, vous pouvez baisser en vitesse de déclenchement ce qui vous permet d’augmenter la focale (Et donc la netteté). Ou alors, à f constant et ISO bas (pour éviter le bruit de l’image) vous pouvez par exemple réaliser des longues pauses.

Cette stabilité est également fort utile si vous vous mettez aux vidéos. Rien de mieux qu’un lever de soleil (ou coucher de soleil sans tremblements) en time lapse. Capturer quelques moments avec des images stables est plus intéressant à exploiter et plus beau visuellement (surtout après tout le mal que vous vous êtes donné pour porter le matériel jusque là)

 

Le confort d’utilisation

Il n’est pas du tout évident, lorsque l’on tient un appareil pouvant peser lourd (même avec un appareil léger), de maintenir longtemps la même position, figé tel une statut. Un trépied permet de libérer ses mains et d’attendre la prise de vue idéale dans une position plus « confortable » ou, tout du moins, plus stable. Une composition réussie, sans trépied, relève parfois de prouesses acrobatiques. Jambes pliées, on s’élève cm par cm pour trouver l’angle idéal et on tente tant bien que mal de s’y maintenir sans trembloter. Particulièrement difficile durant la photo animalière lorsque l’on attend le bon moment ainsi que la bonne lumière. Ce qui peut durer des heures…

 

Un gain de temps de réglage

Avec un trépied, il est facile de mesurer grâce au liveview et au niveau à bulle (sans bouger l’appareil et donc modifier sa composition) si nous avons une image bien réglée avec un horizon bien horizontal. Par ailleurs, on peut, tout en maintenant sa composition en place (puisque l’appareil sur le trépied ne bouge pas), modifier les différents paramètres de l’image : luminosité, mise au point, etc… fort utile lorsque la situation demande d’être souple dans ces moments.

 

3 cas courants d’utilisation du trépied

 

Portraits et selfies

Lorsque l’on marche seul, comme c’est souvent mon cas, il est difficile de demander à une marmotte toute tremblante de tenir l’appareil pour vous. Les bouquetins sont également trop maladroits et paresseux pour les réglages et ne parlons pas non plus de la plupart des randonneurs qui paniquent lorsqu’il faut faire autre chose qu’appuyer sur le bouton tout en évitant de vous centrer sur l’image. En bref, au final, avec un trépied, vous pouvez réaliser, seul, les selfies et autres portraits personnels de vos exploits sans l’aide de personne. Rien de mieux pour immortaliser la fin d’un trek ou d’une ascension.

Pour se faire, il suffit généralement de mettre un retardateur de 10s (ou plus), d’effectuer une photo essai avec f grand pour avoir une image nette (à f11) ou de faire simplement la mise au point sur le
lieu où vous allez vous tenir.

 sentier fjord (14)

Animalier

Une fois que vous avez vos réglages effectués, la majorité du travail consiste à attendre et observer et, dans ce cas, pour un meilleur confort d’utilisation, alors le trépied est plus que le bienvenu. (je mets au défi de rester les bras tendus sans ciller avec un apn + objectif pesant plus de 3kg)

Chamois pris après avoir remonté un promontoire rocheux, sac laissé en contrebas

Chamois pris après avoir remonté un promontoire rocheux, sac laissé en contrebas

 

Paysages nocturnes ou lumière faible

Image de Jeremy du blog djisupertramp qui donne de bons conseils GoPro

Image de Jeremy du blog djisupertramp qui donne de bons conseils GoPro source

En lumière basse durant les heures de coucher ou de lever du soleil ainsi que la nuit, le trépied sans un autre support stable est quasiment indispensable. En effet, la photo nocturne implique une ouverture de votre diaphragme de quelques secondes. Si vous essayez vous même, le rendu est le suivant. En mode BULB, il permet de prendre des photos du ciel étoilé ou d’aurores boréales.

Il permet également d’obtenir un effet filé sur le ciel ou sur l’eau afin de transformer la surface de la mer en un voile de satin.

sentier fjord (11)

Photo à la halte aux Beluga où l’on peut écouter leur champ sur le sentier du Fjord du Saguenay au Québec

J’espère que cet article vous a informé sur l’utilité ainsi que les possibilités offertes par un trépied en randonnée.  Sachez qu’acheter un trépied pour posséder un trépied est inutile et couteux. Ce n’est pas absolument le but de cet article de rendre votre sortie randonnée obligatoire avec un trépied 😉