Récit d’une courte balade dans le Piémont Italien, à la rencontre du Mont Viso


L’Italie est belle. Vous le saviez. Vous l’avez sans doute toujours su. Moi je l’apprends. Je le découvre. Je le ressens. En voyage, je me trouve parfois comme ce grossier personnage, lointain cousin aux dîners de famille, totalement inculte, imbibé de ses fausses croyances, de ces clichés inamovibles et intemporels. Je me repais de ce que je crois connaître. Mais, au fond, je ne sais rien, ou si peu. Oh que l’Italie est belle. Des millénaires de culture bon sang, cela ne se résume pas à quelques pastas et des pizzas.
Me voici donc dans le Piémont italien, tentant de courtiser la belle pour quelques jours. Mais la belle Italie, comme toute demoiselle aux nombreux atouts, est farouche. Elle ne se laisse pas apprivoiser aussi simplement.  Un clin d’oeil et un sourire ne suffisent pas. Ma dernière approche, dans la vallée de Domossola, s’est soldée par un échec. De même que mon excursion ferroviaire, en amoureux, de Pologne en passant par Vienne jusqu’à Venise. Verrai-je enfin son vrai visage ? En partie seulement. Alors que le voile de la pluie m’accueillit lors de mon dernier passage, ce fut un soleil radieux qui illumina cette fois-ci mon séjour dans le Piémont Italien. Ce ne fut pas pour me déplaire. M’enfin, début décembre, j’attendais impatiemment de caresser sa douce peau nacrée. Où se cache cette poudreuse qui se fait tant désirer ? Où sont ces flocons pouvant éveiller ma passion ? A peine quelques maigres couches timides qui craquent sous mes pas.
– Petite parenthèse, 2015 est décidément traître. L’année de tous les records de chaleur. Nos beaux glaciers pleurent et se meurent et nous regardons des pantins gesticuler à la COP21, tel de fiers coqs beuglant sur leur tas de fumier, pendant que nos montagnes changent de visage à une vitesse jamais vue à ce jour. Anecdotique dirons les climato-sceptiques mais l’avis des anciens est beaucoup plus nuancé. –

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Quoiqu’il en soit, me voici sur les sentiers du piémont. Le pied frais et la mine enjouée par les beaux rayons. Le cigale ne chantait plus et la marmotte se montrait timide en cette fin de saison, probablement déjà assoupie dans sa tanière  – C’est une marmotte italienne, il faut la comprendre-.

Lac de Fiorenza

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Il se trouve à 2113 m d’altitude au pied du Mont Viso qui le contemple du haut de ses 3841m (un des plus hauts sommets des Alpes italiennes et non le plus haut, comme me l’a justement fait remarqué un lecteur attentif. Que voulez-vous, on est parfois emporté par son lyrisme). Il est d’ailleurs possible d’effectuer l’ascension de ce dernier. Le chemin est bien balisé, cependant, ce n’était pas au programme de cette sortie. J’ai du tempérer mes ardeurs. Moi je me voyais déjà campé au pied du lac pour une session de photos nocturnes et m’élancer sur son flanc aux premières lueurs. Il y a toujours un certain décalage entre ce que j’aimerai et ce qui est possible de faire.

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Sur le chemin en lacet qui mène au lac, j’ai pris le temps de m’abreuver au ruisseau qui est la source du Po, l’un des plus importants fleuves italiens. L’eau glacé revigore son homme. En route, on dépasse un refuge, le refuge du Viso peut-être. Ma mémoire des noms est toujours des plus lacunaires si je ne m’efforce pas de noter les informations immédiatement. Il faut dire que je suis un de ces enfants du numérique dont la cpacité d’enregistrement digne du poisson rouge l’empêche de se souvenir de son propre numéro de téléphone (qui du reste change à chaque abonnement). Il me semble avoir entendu prononcé le nom “Quintino Sella” mais ce refuge est bien plus haut que le lac Fiorenza si je ne me trompe pas. Si c’est le cas, faites m’en part en commentaire. Je me ferai un plaisir de corriger.

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Au pied du lac, le temps était bon. On aurait pu y faire un pique nique si ce n’est le repas qui nous attendait, plus bas, dans la vallée. Les mauvaises langues diront que je me goinfre bien assez. Et que dire des repas dans le Piémont. Qu’est-ce qu’on y mange bien ! Un bonheur. Néanmoins, ayant toujours des fourmis dans les jambes et étant le seul français à table (ne parlant pas italien, de surcroît), je tenais difficilement en place alors que les plats et les heures s’accumulaient. Nous passions autant de tant à manger si ce n’est à marcher. Mon estomac était aux anges mais mes pieds faisaient grise mine. Si je devais vivre en Italie, je crois que je devrais faire le deuil de ma svelte allure. La culture locale qui veut que l’on fasse bonne chère aurait raison de ma tempérance culinaire.

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Escalade de Glace à Chianale

Du pittoresque village de Chianale, nous sommes partis à la conquête de notre cascade de glace. C’était ma première fois. Je ne vous en dirai pas plus puisque je dédirai un article complet à cette activité. Mais si vous ne demandez si j’ai aimé, la réponse est un grand oui.

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Village perdu de Balma Boves

Il y aurait tant à dire sur ces villages italiens aux maisons de pierres tristement dépeuplés et laissés à l’abandon par le poids des traditions. Il y a des perles rares à découvrir. Le village de Bala Boves est de ces derniers.
En effet, sous une dalle du Mont Bracco Sanfro, se tiennent quelques demeures dont les habitants vivaient encore il y a peu, avec 3 familles, en toute autonomie.

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Ils avaient tout ce qu’il leur fallait avec de l’eau, des animaux, un jardin et faisaient pousser, grâce au microclimat local (10 degrés de plus par rapport au village plus bas en vallée m’a t-on dit) noisetiers, oliviers et récoltaient également des fruits. Je fus pris sous le charme de ces petites maisons à l’architecture si particulière. Imaginez un peu la vie rude et difficile que devaient mener ces hommes et ces femmes vivant ici. Malheureusement, les salaires d’usine ont eu tôt fait de vider ces maisons isolées du souffle de vie qui les avaient maintenu gaies et vivantes jusqu’au début des années 60. Je ne pouvais m’empêcher de voir dans ce silence l’écho lointain d’un temps immémorial qui s’est tu, happé par cette modernité et cette croissance qu’une minorité appelle de ses vœux au prix de notre santé. Entre nous, je ne dis d’aucune façon que je suis fait du même bois que ces hommes taillés à une vie si austère. Soyons honnête, sans le wifi, sur le long terme, je suis comme une plante qui dépérit par manque de soleil. Mais je me verrai bien bâtir ici, avec les apports de la technologie moderne, électricité, eau chaude et internet comme fenêtre sur le monde, grâce à des sources d’énergie renouvelables et non polluantes, une maison d’hôtes tenant compte de la spécificité du lieu. Une vision entrepreneuriale irréelle tel un havre de paix utopiste.

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Sortie photo nocturne près de Chianale

Non loin de notre gite de montagne, à quelques 45min à pied, se trouve une ancienne caserne abandonnée. De là, de nuit, nous avons une belle vue sur la vallée ainsi que sur les monts escarpés dont les contours se dessinent et se dévoilent sous la voûte étoilée. Ce n’est pas encore cette sortie qui fera que mes clichés se retrouveront dans le prochain National Géographique.

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Mon objectif n’étais pas assez lumineux (f 4.5 en ouverture maximale) et mon exposition, de 30s, trop courte. Mais comme à mon habitude, je ne désespère pas et je m’accroche. Grâce à votre aide et vos conseils, à défaut de talent inné, c’est par le travail patient que j’espère vous rendre jaloux en 2016, avec une belle voie lactée à vous dévoiler sur ces pages virtuelles. En attendant, j’espère revenir un jour dans le Piémont et découvrir sa quiétude hivernale ou la douceur de ses étés.

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