Et si je vous disais que je suis revenu randonner dans la belle région de Stubai, en Autriche. Alors certains d’entre vous rétorqueront “Quoi, encore ?” Comment cela “Encore” ? Oui je suis devenu fan du Stubai dans le Tirol autrichien et alors ! Certains aiment adonner à un sport incongru comme le kin-ball , moi j’apprécie les randonnées au Stubai, Les gens y sont gentils, les villages sont plus beaux que ceux des cartes postales, on y mange bien et y’a de beaux chemins… que voulez-vous, je suis un homme simple, il en faut peu pour me contenter… bref, je suis (re)venu à Stubai dans l’espoir (ah ah, je ris tellement quand j’écris cela, vous ne pouvez pas savoir encore pourquoi mais vous saurez bientôt) de finir le fameux Honenweg. Petit rappel, le Hohenweg ou sentier de Haute Altitude est un -magnifique- sentier de 120km et environ 9000m de dénivelé classé difficile (je confirme). Alors il faut dire que la première fois, j’étais déjà venu dans le but de réaliser une partie et il avait neigé à mon arrivée.

Aparté. Si vous souhaitez relire les récits en photo, les voici :

à noter : vous remarquerez une différence entre le style de photographie dans cet article et le style, proche mais antérieur, présent dans les articles issus de mon premier voyage à Stubai. L’explication est simple : le style présent est le fruit de mon apprentissage du logiciel photo et de ma maîtrise, un peu plus fine, de la technique que je souhaitais développer pour obtenir un rendu s’approchant de la douceur de l’“argentique” tout en transmettant ce sentiment de nostalgie, difficilement définissable, que je retrouve en me remémorant mes randonnées à mon retour. C’est ce plaisir d’apprendre et de vous transmettre au mieux mon ressenti qui me pousse à me renouveler, le tout, en ayant un poids d’images qui ne soit pas trop conséquent afin que la lecture reste fluide. En effet, un article avec 25 photos de résolution maximale ferait un demi Go. Croyez-moi, pour l’outil qui vous sert à visionner ce blog, c’est un peu comme se lancer sur un sentier de grande randonnée pour la première fois avec un sac de 35kg, ce n’est ni agréable, ni évident. fin de l’aparté.

Au delà des 2 articles photos plus haut, j’avais aussi fait cette petite vidéo d’1min sur la partie du sentier du Hohenweg réalisée lors du premier voyage (et je pense en refaire une autre sur le second voyage à Stubai)

Comme je le disais avant de m’interrompre moi-même, fin septembre, sorties de nulle part, de grosses chutes de neige qui n’étaient pas prévues… et croyez-moi, pour ceux qui connaissent le Hohenweg, quand vous avez de 30cm à 50cm de neige sur les sentiers, ce n’est plus de la randonnée mais, avec de la glace, de l’alpinisme et au mieux, du ski de randonnée… donc la seconde fois, je reviens, cette fois-ci avec ma compagne Magda et on est méfiant -surtout moi- donc au lieu de venir à l’aube de l’automne, on vient fin août.

comme un petit air de mois d’août

Normalement, on pense tout de même éviter la neige… et bien non… évidemment, on est accueilli par un air glacial et de la neige au refuge haha. MAIS on avait prévu le coup, on a pu décaler les activités communes pour le début du séjour et la seconde partie du Hohenweg, que je devais réaliser seul, vers la fin du séjour. Sauf que… bah SAUF QUE le Hohenweg ne s’amadoue pas aussi aisément. La dernière étape avant le retour, une étape de 8h, le menu prévu, d’après le gardien du refuge, c’était grosse averses rendant le sentier très glissant avec risques de tempête de neige sur les cols. Rien qui ne vous incline au sourire et à l’optimisme. Je vous avoue que je n’ai pas pris le risque. Tous les montagnards le savent, être à découvert en altitude par temps orageux et déjà assez dangereux en soi, si on plus on ajoute des conditions extrêmes sur sentiers de randonnée difficiles…

souvenir de mon premier voyage à Stubai et ses chutes de neige inattendue… les regrets se sont alors vite dissipées lorsque l’on est récompensé par ce genre de vue sur les sentiers « de secours ». Ici, depuis un des 7 sommets de Stubai : Hoher Burgstall

Les plaques funéraires que l’on trouve accrochées sur la roche le long du sentier sont là pour nous rappeler, humblement, les risques liées à la randonnée. Lors de ma première venue, il y avait un randonneur qui a fait une chute mortelle au niveau d’un col enneigé/verglacé car il était parti sans l’équipement adéquat. Je ne veux surtout pas vous effrayer juste vous rappeler que les activités en montagne présentent toujours un risque, même pour une simple randonnée. Rassurez-vous, il ne faut pas non plus être un aventurier pour venir à Stubai, il y a de multiples randonnées de tout niveau vous permettant de profiter de la beauté des paysages du Tirol autrichien (j’en ferai un petit article). Cela va de la randonnée familiale à des balades à la journée, à des treks pour randonneurs plus expérimentés comme le Hohenweg que j’ai pris plaisir à arpenter. Il faut avoir conscience que certaines sections déjà exigeantes de par leur durée, la distance et le dénivelé prennent un tout autre degré de difficulté lorsque la météo s’en mêle. Bref. je n’ai pas cherché à tenter le diable surtout que j’avais un avion retour à prendre en début de soirée. La contrainte horaire exige d’aller vite, et aller vite nous rend, à la longue, un peu moins vigilent et davantage casse cou. Je me le permets dans de bonnes conditions mais lorsqu’elles sont vraiment dégradées, ce n’est souvent pas forcément faisable ni recommandable. Au final, encore une fois, le Sentier de Haute Altitude de Stubai a eu raison de moi.

Néanmoins, rassurez-vous le séjour à Stubai fut suffisamment beau pour rapporter de belles images les premiers jours (après les chutes de neige, on a eu du soleil en fin d’après-midi lors de notre première journée) et j’ai pu ajouter un nouveau sommet réalisé à la liste des 7 sommets de Stubai ! (cela fera l’objet d’un article ultérieur). Un petit regret tout de même de n’avoir pu finir le chemin mais la montagne est ainsi, il faut accepter et faire avec ses caprices et nos propres limites.

HOHENWEG Kreuzjoch à Franz-Senn-Hutte

Durée théorique : 8h (sans pauses)

On se rend à Fulpmes pour prendre le téléphérique jusqu’à la dernière station de Kreuzjochbahn. C’est possible de faire la montée à pied mais cela vous rajoute environ 1000 de dénivelé et environ 2h à 3h de marche. On -enfin moi- aurait alors raté le petit-déjeuner de l‘hôtel Augarten (un beau petit hôtel  3* familial avec de la bonne cuisine, je recommande) et on n’aurait pas pu faire les premiers pas à deux. La montée reste faisable mais cela vous fait théoriquement une journée de 11h et on arrive sans doute pas loin des 1800 dénivelé positif en cumulé. Il faut pouvoir les encaisser. Lorsque vous prenez le téléphérique, ne manquez pas d’avoir votre appareil photo prêt à capturer quelques photos depuis la cabine (le mien était malheureusement rangé dans le sac) ou au moins votre smartphone, ce qui fut mon cas, (à lire : comment faire de meilleurs photos avec votre smartphone) car la vue depuis le téléphérique sur la vallée est très jolie.

Les puristes auront remarqué que les 3 photos ci-dessous ont été prises au smartphone. Mon samsung S7 qui commence déjà à dater par comparaison des caractéristiques des derniers modèles. J’ai directement retravaillé les jpeg en essayant de leur donner cet aspect « old schol » car je n’ai pas forcément le temps de rentrer dans le menu pour les prendre en raw. J’utilise l’appareil principalement pour capturer à la volée (comme je l’ai fait depuis le téléphérique) ainsi que pour les stories instagram et les vues en drone. Néanmoins, sur mon trek de l’Everest au Népal, je me suis allégé de mon apn sur le chemin.

Cette section depuis Kreuzjoch jusqu’à la Franz-Senn-Hutte passe par la Starkenburger Hutte. Il faut environ 2h pour aller de Kreuzjoch à la Starkenburger Hutte puis 6h de la Starkenburger Hutte jusqu’à la Franz-Senn-Hutte qui est l’étape finale de la journée. Cette première partie se passe tranquillement et si vous avez le pied léger, vous gagnerez 30min assez facilement (il vous faudra doubler les groupes qui sont montées comme vous au Kreuzjoch pour des balades en étoiles). Je vous conseille de profiter et de prendre un bon repas à la Starkenburger Hutte en faisant quelques provisions pour la route car la suite qui vous attend est belle mais cela reste un long chemin. J’étais déjà passé par la Starkenburger Hutte la première fois, j’y ai pris un bon chocolat chaud avec une tarte au pomme délicieuse en descendant du Peljoch.

Autant j’ai réussi à mettre 1h30 sur le premier segment, autant le dernier, je peux vous dire que les 6h de marche de prévues, je les ai senties dans les jambes. Vous allez rire mais étrangement le soleil tapait fort (étonnant après les chutes de neige du premier jour) et que sur la fin, bien que l’on aperçoit de loin le refuge, les montées descentes en balcon (surtout lorsque le chemin fait un coude) vous cassent le rythme et semblent interminables. Sur les premiers 3/4 du second tronçon, c’est vraiment sec (surtout fin août), prévoyez votre 1,5L d’eau car, comme je l’ai dit, cela tape fort. Dans mon attirail du bon petit randonneur, je ne peux que vous conseiller la gourde filtrante Lifestraw que je me trimbale sur moi dans toutes les randonnées depuis bientôt 3 ans et qui a largement fait ses preuves. J’ai croisé 2 randonneurs qui ont pris une autre bifurcation au niveau d’un passage de col peu après la Starberburger hutter et par la suite, je n’ai plus croisé personne sauf une famille, sur la fin, avec qui j’ai marché un bout. Je les ai dépassé avant d’arriver à la Franz-Senn-Hutte au petit trop car la faim et l’envie de manger après m’être décrassé un peu était trop prenante.

avec le temps j’ai commencé à « collectionner » les selfies animaux. Des souvenirs amusants, tout du moins pour moi, non narcissiques pour un sous, tout du moins je ne le pense pas. Des souvenirs qui mêlent reportages et voyages personnels ici et ailleurs. Certains rapportent du sable, des cartes postales… moi j’essaie de poser avec mes compagnons de route éphémères. Peut-être est-ce l’âge qui fait que l’on aime entasser des bibelots sur ses étagères, qu’elles soient virtuelles ou non. Dernièrement, je me suis même mis à accrocher des magnets de destinations sur mon frigo. Il y a un temps j’appréciais davantage le minimalisme, maintenant je le remplis avec des petits souvenirs kitsch (en plus des quelques bouteilles d’alcool locaux que j’aime offrir à la famille) Vous aussi, vous avez des « collectionites » aiguës ? En parlant d’animaux, je rêverai de pouvoir marcher avec un compagnon canin sur de longs treks. En Pologne, lorsqu’ils vivaient encore, je faisais de longues balades dans les forêts de pins et de bouleaux polonaises avec le chien loup et le berger allemand de mon grand-père. Une fois, en sortie de bois, en fin de journée, j’ai cru apercevoir un loup massif à l’orée de la forêt. Peut-être n’était-ce qu’un chien vagabond mais les loups sont présents en Pologne, Slovaquie et Rep. Tchèque alors qui sait… Les chiens n’ont pas bronché, ni attaqué, ce qui est rare. Ils étaient assez bagarreurs si on les laissaient faire mais ils avaient peut-être senti les risques… malheureusement la logistique et les législations ne permettent pas forcément les balades, comme je le souhaiterai, avec un ami à 4 pattes. Mais c’est un souhait que je garde pour mes vieux jours, en lien avec celui de retaper un vieux chalet et de vivre au pied des belles montagnes. D’ailleurs, si certains d’entre vous effectuent des randonnées avec leur chien, je suis à preneur de vos précieux conseils (si jamais vous avez le temps en commentaire ou par mail par exemple).

un petit randonneur se cache sur cette photo ci-dessus, le trouveras-tu ?

vous le voyez le sentier blanc qui coupe les éboulements blancs sur le massif d’en face ? Un vrai four. Un mini désert. L’air était sec, à vous en brûler les poumons. La configuration du terrain sans doute…

le genre de repas qui vous requinque… 

A noter : à la Franz-Seen-Hutte  il y a des douches chaudes ainsi que des prises en bas dans des casiers avec recharge (pour 2e) ou alors vous pouvez juste squatter une prise si votre chambre n’en comporte pas (ce qui était le cas). On capte également la 3G et je crois, de mémoire, qu’il y a la wifi si vous ne pouvez vous passer de la connexion.

Pour plus de clarté et de fluidité à la lecture, tu retrouveras la deuxième partie en photo icidepuis la Franz-Senn-Hütte à la Neue Regensburger Hütte en passant par le Rinnenspitze