Si vous êtes sur cet article outdoor c’est que, comme moi, vous appréciez la randonnée pédestre. Un trek en montagne pour s’évader, ramener quelques photos souvenirs en randonnée, c’est des plus agréables mais, vous en conviendrez, il y a parfois un gros désagrément qui gâche le plaisir d’arpenter nos beaux sentiers (non, je ne parlerai pas ici du type qui ronfle comme un ours en refuge… comment ça c’est vous ?!? ) : le problème du poids du sac à dos en randonnée

Après vous avoir donné 4 bonnes raisons de randonner plus léger, essayons de voir quelle stratégie adopter pour alléger son sac de randonnée. En effet, je me suis aperçu que faire une simple liste de matériel outdoor essentielles à prendre en randonnée n’est pas suffisant, il faut véritablement une méthode pour s’attaquer à notre nature profonde qui consiste à en rajouter toujours plus. Dans les grandes lignes, la stratégie pour réduire le poids de son sac consiste en un cycle (ou une sortie de boucle rétro-active) trier, peser, adapter.

De fait, si vous souhaitez prendre davantage de plaisir en randonnée. voici quelques conseils pour partir en randonner avec un sac à dos plus léger

1 Pour randonner léger, prenez un sac de randonnée moins volumineux

 

La nature a horreur du vide, nous y compris. C’est trivial mais c’est la base. On met plus d’affaires dans un sac à dos de 70L que dans un sac de 40L. De plus, le sac de 70L pèse déjà plus que le sac de 40L. . Plus le sac est volumineux, plus on aura tendance à le remplir. Enfin que je dis « nous », cela peut être très bien votre compagnon/compagne de randonnée qui lui/elle n’aura pas à le porter ce fameux sac ! Limiter la taille de votre sac de randonnée, c’est déjà limiter la charge maximale de votre sac à dos à dos. Je vous conseille déjà de vous lancer sur une randonnée à la journée, pour vous tester par rapport au volume disponible. Nul besoin de partir avec un sac d’expédition pour une randonnée à la journée

Car ce n’est pas que la taille de votre sac qui doit conditionner les affaires que vous devez y mettre mais bien une juste prévision de l’équipement nécessaire qui le fera. Si vous partez pour une randonnée polaire en totale autonomie d’un mois et que votre sac pèse 20kg, pour 70L, cela sera plus justifié que les mêmes 20kg pour une randonnée estivale de 3j avec possibilité de ravitaillement. (20kg c’est pour illustrer hein, vous aurez évidemment bien plus de 20kg pour une randonnée polaire d’un mois !

 

2 Pour randonner léger, ne vous fixer par forcément un poids limite pour votre sac à dos

 

« Machin m’a fit que 15kg c’est bon, alors je remplis jusqu’à 15kg » Remplir avec quoi ? Pourquoi 15kg et pas 14 ? Il ne faut pas s’adapter à un poids fixe qui peut nous être totalement étranger. Il faut une stratégie pour faire évoluer ce poids en fonction de notre expérience de randonnée. En clair, le but ce n’est pas de porter suffisamment pour satisfaire un critère au pifomètre. Le but c’est de prendre le nécessaire en faisant en sorte que cela soit le plus léger possible. Donc ne vous fixez pas de limite acceptable au niveau poids.  Tout simplement car cette limite peut évoluer et se fixer un minimum (trop élevé ou trop bas ou au % de notre poids, qui est variable,)c’est souvent y tendre. La stratégie optimale c’est : moins cela pèse, mieux c’est.

La stratégie est de minimiser le poids de votre sac non de maximiser le nombres d’objets que l’on peut y insérer car quelque vous a dit que “X kg, c’est bon” Alors c’est vrai, cela peut être bon pour cette personne mais pas pour vous ! Néanmoins, pour cela, il n’y a pas non plus de miracles. Il va falloir porter votre sac de randonnée pour savoir si ou non, il est trop lourd. Surtout, SURTOUT, n’attendez pas votre première grande randonnée pour savoir ce qui vous convient comme poids ou non car si votre sac à dos est bien trop lourd, il est quasiment garantie que votre randonnée pédestre sera moins agréable.

Eviter aussi de transformer votre sac de randonnée en sapin de Noel en accrochant des éléments extérieurs sous prétexte que c’est possible. Déjà; parce que c’est mauvais pour l’équilibre. Or, un mauvais équilibre, c’est à dire un poids mal réparti, cela signifie un sac qui peut se balancer, glisser et donc déplacer brusquement votre centre de gravité (or le maintenir c’est primordial en escalade; en descente ou sur terrain irrégulier et glissant) les éléments peuvent glisser et tomber (et donc se perdre), être abîmés par frottements, accrochages. En parlant d’équilibre en randonnée, petit aparté, mais je ne pourrai que vous conseiller de prendre des bâtons de randonnée. Ce n’est pas que pour les vieux, je les utilise depuis mes 20 ans et mes genoux me remercient -et vous remercieront !

D’autre part, se dire, « bah je pourrai toujours le mettre dehors » (pour un objet volumineux) libère de l’espace dans le sac. Et puisque vous avez lu le point 1, vous savez ce que l’on s’empresse de faire avec de l’espace vide dans son sac de randonnée… tout juste; ON LE REMPLIT ! Un espace volumineux non occupé dans le sac à dos, c’est du volume en plus qui sera occupé par d’autres objets qui pèseront sur votre dos.

 

3 Apprendre à trier les objets de son sac de randonnée en 3 catégories : indispensable, utile, superflu

 

Pour réduire le poids de son sac à dos en randonnée, il faut être intransigeant concernant la stratégie adoptée. Comment distinguer ce qui va dans quelle catégorie ? Simple. Je me suis fait une définition stricte. C’est également le meilleur moyen de ne rien oublier.

  • Indispensable : élément absolument nécessaire à notre sécurité et à la réalisation de notre trek dans des conditions basiques de survie
  • Utile : élément nécessaire à la réalisation de notre trek dans des conditions d’utilisations normales
  • Superflu : élément n’apportant pas d’apport au niveau de la survie ou de la sécurité dans des conditions normales d’utilisation

Je vous donne un exemple personnel.

  • 1 sous-vêtement > indispensable. C’est le minimum vital
  • 2 sous-vêtements > utile. Un slip de bain, un slip de marche. Si on en perd un (cela m’est arrivé, on a l’autre)
  • 2 sous-vêtements et plus + > superflu (lavant au moins un des deux sous vêtements dés que possible, tout sous-vêtement en plus est à mes yeux superflus.)

Autre exemple, des bâtons de marche ne sont pas indispensables pour réaliser un trek > en effet, on peut marcher sans bâtons de randonnée. De mêmes que les tongs que je ne prends plus que je considère comme un confort superflu. Les bâtons me sont cependant fortement utiles car ils permettent de gagner 30% de puissance et réduisent la pression sur les genoux dans les descentes et permettent de faire travailler le haut du corps dans la marche en ayant, par ailleurs, plus de points d’équilibre. Donc je les prends, toujours. Compagnons utiles mais non totalement indispensables. Je fais primer ici le confort d’utilisation (et donc le plaisir de marche) sur une stricte optimisation du poids.

Le pot de nutella qui, à vos yeux, est indispensable se révélera ici, dans tout la splendeur de son superflu. Composer votre propre tableau excel et insérer les éléments de la manière dont vous composez actuellement votre sac de randonnée. Allez-y progressivement, il faut que vos besoins correspondent à votre manière de randonnée actuelle. En clair, il faut valider sur le terrain toute modification de la composition de votre sac à dos. Le but c’est d’être à l’aise avec votre matériel, pas de vous mettre en danger en prenant trop peu car un blogueur outdoor comme moi vous a dit que c’est mieux pour vous. En effet, cela ne sert à rien de se comparer aux autres car dans « ces autres » il y aura peut-être des randonneurs/coureurs de trail qui compenseront le poids minimal de leur sac avec une grande expérience sur le terrain et auront conscience des risques qu’ils prennent. Et le poids de cette expérience, la capacité d’aller plus vite sur le terrain qu’un inconnu, cela n’est pas quantifiable>

Si, actuellement, vous vous sentez plus à l’aise, avec une composition de matériel pensant 13 kg que 12kg. Gardez 13. Il sera toujours possible d’optimiser le poids après la composition si pour le moment vous êtes plus à l’aise ainsi. L’important c’est que votre manière de randonnée vous soit agréable et que votre stratégie d’optimisation du poids de votre sac vise ce but. Si ce n’est plus le cas, en clair, si moins de poids se traduit par moins de plaisir de marche, revenez à l’étape précédente.

 

4 Soyez patient, réduire le poids de son sac de randonnée ne se fait ABSOLUMENT PAS du jour au lendemain.

 

Gardez en tête qu’il existe certains freins psychologiques qui sautent et disparaissent au fur et à mesure que l’on acquière de l’expérience en montagne. Cela sert à rien de brusquer les choses. Une fois que l’on a commencé et compris la méthode de réduction du poids de son sac, ce dernier évolue. Mon kit de survie ne sera pas votre kit de survie et ne sera pas le kit de survie de Ueli Steck (si tant est qu’il en possède un).

Par ailleurs, il y a plusieurs éléments à prendre en compte qui influent notre ressenti vis à vis du poids de notre sac de randonnée. Il y a comme je le disais plus haut, votre expérience mais il y aussi le matériel, votre forme, le contexte. Le matériel évolue. Les sac à dos deviennent de plus en plus perfectionnés, adaptés à nos pratiques de montagnes : certains sac à dos sont davantage orientés trek à la journée, longs treks, orientés confort ou visant davantage la robustesse. Les ans passent, notre corps ne réagit plus de la même manière: On peut avoir désormais des problèmes de dos dû à une chute et à un déplacement de vertèbres, des problèmes de genoux après un accident au ski et j’en pense… et oui, la vie nous réserve malheureusement des surprises qui ne sont pas toutes agréables et ces accidents de parcours peuvent fortement influer sur votre forme actuelle et future. Le sac qui vous allez parfaitement il y a un an ne vous conviendra peut-être plus car il vous sert trop à l’épaule que vous vous êtes cassé lors d’une descente en VTT sur un sentier de montagne…

Le contexte. Vous venez à la montagne uniquement pour randonnée ? Faire un pique nique ou vous souhaitez aussi repartir avec de belles photos de randonnées voir une vidéo de montagne ? Evidemment, certains vont me dire qu’un smartphone pour la photo ou la vidéo de randonnée ne pèse rien dans notre sac à dos car on l’a dans la poche. Et vous avez raison ! J’ai par exemple fait mon trek du camp de base de l’Everest avec un smartphone et une petite gopro (la vidéo de mon trek au Népal est ici pour les curieux). Rien de plus. J’ai laissé mon gros appareil dans mon hôtel à Katmandou. Néanmoins, dorénavant j’ai un drône que j’utilise pour mes photos et vidéos aériennes en montagne : Le Mavic Air qui certes s’il est léger en comparaison des autres drones prendra dans tous les cas un volume et ses batteries, le chargeur auront leur petit poids dont il ne faut pas oublier ! De fait, selon mon type de reporte photo ou si je veux dans tous les cas être le plus léger possible, évidemment mon sac à dos n’aura pas le même poids. Lors de mes treks au Népal, mon sac à dos était bien moins chargé que sur lors de mon trek dans les Dolomites par exemple.

Dans un prochain article, je donnerai la composition de mon sac. Vous verrez que vous aurez quelques surprises car, dans la catégorie indispensable j’ai… un appareil photo (et oui, sinon, comment voulez-vous que je partage mes récits d’ascensions, treks et balades dans le cadre de mes conditions basiques de survie travail 🙂 )

Mais vous verrez par la suite que l’on peut combiner sac à dos léger ET sa passion de la photo en randonnée sans trop en souffrir. (à lire, comment concilier photo et randonnée)

 

5 Réaliser un tableau excell comportant le poids de chaque élément dans chaque catégorie

 

Trier les éléments pour définir une composition de base de votre sac à dos en randonnée, c’est bien. Mais cela ne suffit pas, on touchera tôt ou tard une limite. Maintenant, optimisons le poids de chaque élément.

Pourquoi un tableau excell avec le poids de chaque élément ?

Car c’est visuel, précis, automatique (dans le sens où modifier le poids d’un élément ajuste automatiquement le poids du sac à dos). En clair c’est efficace. C’est avec un tableau excell définissant les performances individuelles des éléments qui composent votre sac de randonnée que vous allez pouvoir traquer les grammes superflus. Il arrivera un moment où le matériel que vous utilisez pour vos randonnées sera totalement optimisé dans sa composition. Il vous faudra, alors, si vous souhaitez diminuer le poids de ce dernier, investir dans du matériel certes plus cher mais plus léger. Evidemment cette étape n’est en rien obligatoire, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je ne vous pousse absolument pas à la consommation et je na gagne rien, dans tous les cas, à ce que vous alliez faire flamber votre carte bleu chez votre revendeur de matériel outdoor 🙂 Je dis juste un simple fait. Le matériel plus léger et performant qui réduira le poids ET le volume de votre sac en randonnée n’est pas forcément celui que vous possédez maintenant (surtout si vous avez récupérer le matériel de randonnée de papi).

Il y a trois éléments principaux composant le matériel de base, qui pèsent lourd, et sur lesquels il est facile de gagner bien plus d’1kg

  • la tente
  • le sac de couchage
  • les éléments du système 3 couches

En général, plus le matériel est léger, plus il est cher. La qualité et, particulièrement la légèreté, a un prix car il ne s’agit plus de performance ou de sécurité mais de notion personnelle de confort. Vous imaginez bien qu’un sac de couchage pensant 460gr et celui qui pèse 1kg et qui a les mêmes caractéristiques ne sera pas au même prix.

Le tableau excell sera utile également si vous visez l’achat d’un matériel léger et performant précis. En effet, il sera plus facile d’y noter le nom, référence, caractéristique, prix du matériel de la gamme supérieur afin de traquer les promotions intéressantes des produits outdoor convoités ou équivalents. En ayant les caractéristiques en tête, vous irez dans les magasins plus confiant en étant certain de cibler vos besoins exacts en terme de matériel, sans -normalement- succomber à une frénésie d’achat. A chacun ses soldes non ? Evidemment, inutile de le consulter et le changer tous les 4 matins, une fois de temps en temps, à l’approche des beaux jours au printemps suffit !

Ayez toujours en tête l’optimisation de poids, pas la compensation de poids. Dépensez une fortune pour optimiser un élément ne vous apportera pas forcément un gain équivalent à l’optimisation de plusieurs éléments avec le même budget. Ainsi, rien ne sert d’acheter une tente ultra-légère vous faisant gagner 400gr si, à côté, le budget alloué à cet achat vous aurait permis d’acheter une tente, un sac de couchage et une hardshell vous permettant de gagner 900gr. De même, compenser ce gain de 400g en prenant 1kg de nourriture en plus (ou de matériel photo supplémentaire, oui, on a tous nos travers, moi le premier 🙂 est aussi absurde (Non Piotr, tu ne prendra pas une troisième batterie pour ton drone car tu as un sac de couchage plus léger. POSE CETTE BATTERIE !). Dans ce cas, vous n’êtes pas encore au point dans la composition de votre sac. Je le répète encore une fois, le but final est qu’à chaque optimisation, votre sac pèse moins et que votre randonnée reste agréable. Il n’y a pas de poids minimal tant que le plaisir de marcher est toujours présent.

 

6 Pour un sac rando plus léger, rien de mieux que de se préparer aux conditions réelles de votre randonnée

 

Attention hein, au nom de l’optimisation du poids de votre sac à dos en randonnée, ne dites pas que Piotr du blog outdoor 1001pas vous a dit de partir, la fleur au fusil, en sandalle de randonnée et en t)shirt sur le Gréà sous prétexte que la météo annonce beau temps hein 😀 « se préparer aux conditions réelles de votre randonnée »  C’est ne pas agir en fonction du « au cas où » mais rester pragmatique. Se renseigner sur les conditions météo qui peuvent survenir dans 90% des cas lors de votre randonnée. C’est connaître son parcours, les difficultés que l’on peut rencontrer. On ne prend pas le même matériel à la journée que pour une randonnée de plusieurs jours. De même, on ne prend pas le même matériel pour une randonnée en totale autonomie par rapport à une randonnée en refuge. Pas le même matériel pour une randonnée d’été que pour une randonnée de fin d’automne aux conditions hasardeuses, etc… vous m’avez compris.

L’idéal est d’avoir une composition de sac à dos de base que l’on adaptera suivant les besoins, la situation sur le terrain. Évidemment, plus on a d’expérience, mieux on ajustera les besoins spécifiques pour chaque sortie.

  • Ayez connaissance du terrain. Pourquoi prendre sur vous 3L d’eau, donc 3 kg, à chaque étape, si vous savez que vous rencontrerez de nombreuses sources d’eau potable le long de votre parcours ? N’est-ce pas mieux d’avoir 1L (et de boire cette eau), avec une gourde filtre de type lifestraw en plus que de porter constamment un poids mort. En trek, par fortes chaleur, il est primordial de s’hydrater mais cela ne signifie par porter de l’eau que l’on ne boit pas ! (Combien de gens arrivent au refuge avec encore leurs gourdes pleines, bien au delà de leur limite de sécurité) Pourquoi en porter si vous avez sur vous des moyens pour purifier celle qui est à votre disposition ?
  • Si vous savez que vous allez dormir et nourrir en bivouac, pourquoi vous alourdir avec un réchaud, du gaz, des ustensiles “au cas où » Assumez-votre choix c’est mieux et ainsi, profitez de votre randonnée. Dans l’écriture/la pub, on dit parfois « less is more ». En clair, mieux vaut en faire moins et le faire bien, cela apporte plus de valeur. Mais pour la stratégie du poids de son sac à dos, less is less 🙂 Moins c’est moins ! Soit vous partez en autonomie, soit vous dormez en refuge. Partir en autonomie ne vous empêchera pas de choisir de manger et dormir en refuge si vous le voulez mais vous ne pouvez pas partir dans une randonnée en refuge, prendre du matériel “au cas où » superflu pour un trek en autonomie ET râler sur le poids. Enfin si, vous pouvez, nous français on aime râler mais avouez que cela manque un peu de logique 😉

Au nom de la sécurité, on prend souvent trop pour être préparé à tout. Une tempête de neige en Corse en été ? Cela peut arriver, allez hop, je prends gants, bonnets, écharpes, crampons « au cas où ? » Si jamais les conditions se dégradent, même sans cela, vous devriez être prêts pour redescendre dans la vallée ou vous trouvez un abris (ou vous en construire un). Le but n’est pas non plus de pouvoir bivouaquer sous la tempête et survivre une semaine en autonomie hein. Le but c’est de réagir, et surtout pouvoir agir vite, pour l’éviter.

Est-ce utile d’avoir, par exemple, tous les éléments de votre système 3 couches en double ? Sérieusement, vous pensez utiliser 2 t-shirts, 2 polaires, 2 vestes en gore-tex en même temps ?
Et si la polaire sent mauvais ? Bah mince alors. Vous la laverez au retour, mieux, comme votre sac à dos sera plus léger. Vous arrivez plus vite au refuge et vous pourrez la laver et la faire sécher sur place !

L’important c’est que votre randonnée se passe dans les conditions les plus agréables possibles.

Certains vont parler de l’hygiène. Oui mais je serai sale ? Si je n’ai pas de vêtements de rechange, je sentirai mauvais ! Pour moi un trek n’est pas un défilé de mode. Je préfère que mes vêtements sentent moins bons quelques jours (si les conditions empêchent de les laver) et prendre une bonne douche à l’arrivée et mettre des affaire propres mais ne pas finir avec les épaules broyés que me préoccuper de ce que les marmottes penseront de moi, alors que je dors seul dans ma tente. Pour moi, il est plus important d’être propre que d’avoir l’air propre.

Je ne crois pas que suer plus car vous portez plus, marchez plus longtemps, soit, dans tous les cas, meilleur pour votre hygiène personnelle. Par ailleurs, quel intérêt de porter du superflu qui vous fait avancer à un rythme plus lent, vous fait donc arriver plus tardivement et vous amène à sauter, parfois, la douche -fraîche- du refuge car, justement, il n’y a plus d’eau chaude où que vous êtes trop fatigué ? Je préfère avoir une bonne hygiène corporelle que porter des vêtements de rechange propre avec une hygiène corporelle douteuse. D’ailleurs, souvent, comme je n’arrive pas fatigué à mon bivouac, qu’il est souvent encore tôt, j’ai le temps de me laver et de laver mes vêtements. Mais ne pensez pas que je suis de ceux qui portent leur odeur rance de sueur comme un trophée. Je me lave le plus souvent possible. Même au Népal je prenais des douches dans des sauts d’eau. Même sur le Chadar trek, je me suis lavé dans un cours d’eau par -10 en plein soleil. En effet, l’eau froide est très bonne pour apaiser les muscles et les articulations après l’effort. Que cela soit les douches gelées sur le Gr20 ou les ruisseaux par -10 dehors sur le Chadar Trek et le Stok Angri en Inde du Nord, je ne manque pas une occasion pour me sentir propre. Les ladakis me regardaient avec amusement car j’étais le seul parmi les trekkeurs à avoir cette hygiène. Faut dire qu’il ne faut pas être douillet non plus…

 

7 Au retour d’une sortie sur les sentiers, analyser votre matériel de randonnée

 

Allez ne râlez pas, un petit checkup rapide de 5min, Posez-vous quelques questions simples. C’est la phase adaptation de la composition avant le triage.

  • Le matériel que j’ai pris m’a t-il été utile ?
  • Y’a t-il des éléments qui ont fait doublons ?
  • Y’a t-il des éléments que j’ai trouvé, au fond, superflus, alors que je les avais classé utiles ?
  • Y’a t-il des éléments que je n’ai pas utilisé, si oui, pourquoi ? Dans quelles conditions les ai-je utilisé auparavant et pourquoi ne m’ont pas ils été utiles sur le coup ?
  • Ai-je consommé toute ma nourriture ? N’avais-je pas trop d’eau dans mon sac à dos ? Que me reste t-il ? Combien cela pèse ? Est-ce que cela est dans ma marque de sécurité ?

Ensuite, vous pouvez utiliser une palette de couleurs dans votre tableau excell pour améliorer la composition de votre sac. En vert, c’est optimisé, en orange, cela peut l’être mais trop cher ou pas encore certain dans le cadre de mon utilisation actuelle, en rouge : à optimiser.

Regardez également la composition du sac des randonneurs légers que vous croisez (en leur posant la question hein, pas en fouillant leur sac 😉 , demandez-leur des conseils, des astuces… eux aussi ils sont passés par cette phase de réflexion.

 

8 Si vous partez à plusieurs, optimiser l’équipement complémentaire de vos sac de randonnée pour en diminuer le poids

 

Je marche le plus souvent seul en randonnée pédestre donc mon équipement minimal en total autonomie est mon équipement de base. A plusieurs, vous pouvez répartir les éléments afin que les équipements de chacun soient complémentaires pour avoir un équipement basique de groupe plus complet et moins lourd que l’équipement de base pour un trek individuel.

Je m’explique à travers un exemple.

Pour un groupe de 4 :

  • Indispensable : 1 cuillère
  • Utile : 2 cuillères (chaque portera donc en moyenne le poids d’une demie cuillère)
  • Superflu : 2 cuillères+

1 fait la popote, 1 installe le campement, les 2 vont se laver. Ceux qui sont propres mangent, les 2 autres se lavent. Tout le monde nettoie. Oui c’est radicale (mais c’est pour illustrer) et rien de vous empêche ensuite de chanter tous ensemble au coin du feu.

La tente de 4 pèse t-elle moins que la somme de 4 tentes pour une personne ? Si oui alors l’un d’entre vous se chargera de porter la tente. L’autre portera la marmite pour 4 (qui devra être plus légère que 4 marmites individuelles OU dont la consommation en gaz sera forcément moins grande et nécessitant moins de temps de préparation que 4 petites marmites).

 

9 Pour un sac à dos encore plus léger, taillons encore plus dans le gras.

 

A ce niveau, il s’agit de détails… mais on peut prendre un certain plaisir à effectuer une sorte de chasse impitoyable des grammes dans notre sac de randonnée. Il n’y a pas de petits victoires.

Il s’agira ici de réduire le poids d’éléments ne pouvant pas être optimisés par le remplacement tout en gardant un confort d’utilisation. Cela sera par exemple :

  • couper le bout de la brosse à dent qui dépasse
  • prendre pile le poids nécessaire en savon de Marseille que l’on utilisera comme savon corporelle, savon de nettoyage et dentifrice
  • supprimer les bouts de lanière inutiles
  • tester des chaussures de trails au lieu des chaussures de rando à semelles hautes et voir si cela convient à votre marche
  • bouteille en plastique plutôt que gourde (plus léger mais moins renforcé)

Je sais, je sais… cela peut paraître extrêmes et cela l’est au fond ! Toutes ces infimes optimisations ne devront être entamées qu’une fois que la composition de son sac est déjà poussée. Il ne sert à rien de parvenir à de telles extrémités (qui peuvent, par ailleurs, ne pas correspondre au trek que vous effectuez par plaisir) si à côté de cela, vous ne diminuez pas au préalable le poids des éléments principaux dans votre sac à dos (tente, sac de couchage…) qui sont, le plus souvent, les éléments les plus lourds de votre sac en randonnée.

De plus, une fois le poids de votre sac à dos optimisé, il est intéressant de s’intéresser aux bienfaits des étirements . (A lire quand et comment pratiquer les étirements)

Le prochain article parlera de composition de son sac à dos. J’espère dans tous les cas que cet article outdoor sur l’optimisation du poids de son sac à dos afin de randonner léger vous aura été utile et qu’il vous permettra de faire de belles randonnées en montagne en portant un poids plus léger sur vos épaules. N’hésitez à me faire part de vos remarques et suggestions en commentaires, votre avis constructif est toujours le bienvenu ! Au plaisir de vous croiser, le sourire léger sur nos beaux sentiers !

Ressources utiles :


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