Lorsque l’on prépare son sac pour une randonnée, on tient en compte de plusieurs facteurs. La durée prévue, la difficulté du trajet, les capacités de ravitaillement, notre propre résistance physique et la taille de notre sac… On est souvent mal influencé par 2 objectifs qui semblent contradictoires lorsque l’on fait son sac à dos : sécurité et confort. On en oublie la notion de liberté et de plaisir qui sont, pour moi, les véritables enjeux d’une bonne randonnée.

Si, à vos yeux, randonnée rime avec souffrir et gros sac à dos, cet article n’est pas fait pour vous… si au contraire, vous jugez qu‘il serait bon de vous alléger pour prendre plus de plaisir à la marche, je vais vous expliquer pourquoi, vous êtes sur la bonne voie, en partant avec un sac plus léger.

 

Moins de kilos en rando = plus de sécurité

 

On pense souvent le contraire. Plus le sac est lourd, plus le sac est volumineux, plus on semble rassuré par notre prévoyance, notre capacité à faire fasse à toutes les situations durant notre aventure. On se dit que malgré tout, “cela ira”, sans penser réellement à ce que nous pourrions rencontrer sur le parcours une fois le corps las de supporter ces kilos en trop.

Attention, je ne dis pas que penser sécurité en randonnée est mal. Je dis juste qu’une bonne sécurité en randonnée passe par d’autres facteurs autrement plus important que porter tout son matériel en double : avoir prévenu quelqu’un de son itinéraire, posséder une cartes pour se repérer, connaitre les gestes de survie, avoir un kit de survie, connaitre les signes pour indiquer aux secours que l’on est dans une situation nécessitant leur intervention… mais on y reviendra dans un autre article.

Quoiqu’il en soit, bourrer son sac de kilos de matériel superflu ne vous mettra pas moins en danger. Au contraire. On a tous fait cette erreur et je l’ai faite aussi.

Par raison de sécurité, on remplit souvent notre sac à dos de vêtements (pas forcément les plus adaptés d’ailleurs), d’accessoires supplémentaires qui font double emploi, le plus souvent inutiles mais néanmoins emportés pour répondre au sacro saint « au cas où ». De même, pour un trek de quelques jours, on prend de la nourriture pour 2 semaines. On en profite pas, c’est lourd et, au final, on en distribue la moitié.

« Es-tu sur que tu as besoin de ta doudone hivernale pour te lance sur le Gr20 en été. »
– On ne sait jamais, je vais la prendre au cas où !

Le plus souvent, “le cas où » ne survient jamais car on confond souvent l’utile avec le superflu. L’indispensable avec l’utile. Êtes-vous de ceux qui préfèrent prendre une seconde paire de chaussures et des vêtements de rechange en lieu et place de la nourriture ? Mais bon sang, avez-vous déjà vue une bonne paire de chaussures de treks devenir totalement inutilisable durant un trek ? Si c’est le cas, alors ce n’étais pas une bonne paire de chaussure à la base.

  • Si jamais, l’impensable arrivait. De quoi allez-vous avoir le plus besoin ?
  • De l’énergie et de toute votre lucidité que peut vous apporter de la nourriture pour supporter une situation difficile ou du poids mort de vêtements en trop ? (Cela se digère mal des semelles, je vous le dis !)
  • Lors de passages difficiles, avec des chaines, si le terrain est glissant, est-ce que vous vous sentez plus en sécurité avec votre sac de 25kg par rapport au randonneur qui en porte un de 10kg ?
  • Posez-vous la question : quel effet, tout ce poids supplémentaire, aura sur vos articulations, votre force, votre équilibre, votre moral ?

Pire, tout ce poids supplémentaire, difficile de s’en défaire si la situation demande d’agir rapidement (en étant plus léger donc) car votre conscience vous rappellera la perte financière de cet équipement que vous abandonnez.

  • Allez-vous avoir le temps de trier tout à la dernière minute de façon efficace alors que vous en étiez incapable au départ ?

Tout ce poids supplémentaire n’est pas anodin. Vous ne serez pas un meilleur randonneur en portant plus, plus lourd, plus longtemps. Et quoique vous pensiez sur votre condition physique, ce n’est pas en portant plus que vous irez plus vite ou que cela vous rendra plus fort.

Pour moi, la sécurité ne passe pas par le fait de posséder tout ce qu’il faut pour parer à une blessure mais d’agir de la meilleure manière afin que celle-ci ne survienne pas. Et une des stratégies consiste à s’alléger. Avoir une capacité de réaction rapide, pouvoir garder son équilibre à tout instant et ne pas être constamment dans ses limites est pour moi plus sécurisant qu’un sac volumineux et trop chargé limitant mes mouvements.

 

Moins de kilos en rando = plus de confort

 

Cela parait, cette fois-ci, évident. Mais au nom du confort (Et souvent de la place restante dans le sac), on va ajouter des petits extras au sac déjà rempli de l’indispensable. Sur le coup, ces ajouts nous paraîtrons insignifiants mais le diable est dans les détails. Des centaines de gramme + des centaines de gramme, cela nous donne des kilos en trop. Et ces kilos en trop vont nous donner mal au dos et/ou aux épaules. Lors de la randonnée, ils vont réduire considérablement le confort réel de celle-ci. Ce n’est pas un mal de se faire plaisir avec un peu de confort mais il faut fixer une limite.

Le confort, ce n’est pas d’avoir vos épaules en feu et vos articulations douloureuses car vous avez embarqué avec vous deux gros pots de nutella dans le sac. (en lieu et place de bâtons de marche jugés ringards et superflus) Est-ce si important de faire votre tartine de nutella tous les jours ? Ne pourriez-vous pas prendre le plaisir de la dégustation, à la fin du trek, comme une récompense de votre effort ? Le vrai plaisir c’est aussi de mériter le ré-confort.

Le vrai confort, selon moi, c’est de pouvoir profiter de sa randonnée avec le sourire, en appréciant les paysages la tête haute, non pas, comme beaucoup, les yeux rivés sur le sol, suant à grosse goutte et maudissant le poids jugé “confortable”, quelques jours plus tôt, de votre sac à dos.

Car, croyez-moi, ce qui vous parait confortable à porter durant quelques minutes, dans votre chambre, le sera beaucoup moins après quelques jours de randonnée. Vous le savez pourtant. Alors pourquoi recommencer les mêmes erreurs ? La marche vous fatiguera dans tous les cas mais elle n’est pas là pour user votre dos prématurément.

 

Moins de kilos en rando = plus de liberté

 

Plus de liberté pour explorer, aller plus loin, prendre le temps de faire ce petit détour d’une heure pour prendre LA photo souvenir de ce voyage, se lancer dans des projets plus ambitieux car vous n’aurez pas besoin d’une logistique digne d’une expédition.

Pourquoi ? Car vous irez naturellement plus vite en ayant la possibilité de marcher à votre rythme sans forcer, vous pourrez aller plus loin, vous serez moins fatigué.

Un sac à dos léger c’est moins de pression sur vos membres, une capacité de mouvement plus grande, une capacité d’anticipation renforcée. C’est une vraie autonomie qui vous permet de randonner en subissant moins de contraintes. La liberté, c’est par exemple pouvoir faire une pause lors d’une grosse averse car vous savez qu’il ne vous coûtera pas grand chose d’aller plus vite sur votre temps restant… au lieu de subir les conditions pour être dans les temps.

La liberté réside aussi dans la capacité à être flexible. A changer votre itinéraire pour profiter d’un lac, d’une piscine naturelle, d’un passage plus corsé que votre légèreté et votre bonne forme vous autorise à entreprendre.

Et une plus grande liberté nous amène forcément au dernier point…

 

Moins de kilos en rando = plus de plaisir

 

On part en randonnée pour en tirer un certain plaisir. On ne part pas faire de la randonnée pour souffrir du début à la fin en regrettant amèrement cette sortie et en se promettant “jamais plus” (à moins de prendre du plaisir dans la souffrance, mais on est pas là pour critiquer les adaptes de 50 shades of grey). Car même avec un sac à dos léger, on aura tôt ou tard des difficultés. Toute randonnée est un défi sportif. Mais entre défi sportif et torture physique, il y a un fossé.

Si vous portez un sac à dos répondant exactement aux besoins de votre randonnée, tout du moins sur le plan de la sécurité, alors ce dernier sera forcément plus léger et ne vous mettra pas en danger.

La sensation de liberté que vous procurera la marche légère, sans douleurs dorsales chroniques, ce qui représente le vrai confort de marche, c’est là que se trouve le vrai plaisir. D’ailleurs, dans le prochain article, je vous prouverai que l’on peut randonner léger ET se faire plaisir en matériel photos 😉

Au final, randonner avec un sac plus léger, c’est mieux randonner… et le prochain article traite justement de > comment alléger son sac de randonnée ainsi que l’outil pour composer et calculer le poids de son sac à dos


Si vous aimez l’article, n’hésitez pas à le partager :