#trailblanc découverte du trail avec le stage trail UCPA

Entre la marche et la course il n’y a qu’un pas. Formulé ainsi, tout semble facile. Un pas. Mais quel pas ? On parle d’un pas plus rapide. Plus soutenu. Plus intense. Mais bien plus léger. Pour celui qui aime les sacs à dos poids plume, aimer la randonnée amène t-il naturellement à aimer le trail ? Je ne pense pas que le lien logique soit aussi aisé. Ce n’est pas la même forme de contemplation. Ce n’est pas le même effort. Mais il le fut pour moi. Des promesses de montagnes, des sentiers, le désir de liberté. En fallait-il plus ?

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Stage trail, l’appel de la liberté

 

la « préparation matérielle » au stage trail

Se gorger de paysages de montagne du matin au soir. Sentir la fatigue écraser notre corps avant de repartir le lendemain, guerriers avides des premières lueurs et de la sueur. Le trail offre cette souffrance physique sublimée par les paysages, les épaules douloureuses en moins.

Folie, hérésie, assurance prise pour de l’arrogance. Le tout m’a amené à dire oui et à me préparer. Peu à peu, j’ai amadoué les kilomètres. Découvert d’autres sensations. Mais ce ne fut pas assez. Un claquement de doigt ne prépare pas le passage du trek au trail. Quelques sessions de running sur terrain plat n’ont pas été suffisant pour participer totalement à un stage trail UCPA. Ou plutôt à ce stage UCPA.

stage trail

Le destin nous joue parfois des tours. Cela devait être niveau débutant. J’avais mal écouté. Ce fut niveau confirmé. Rythme plutôt soutenu. Première journée, mon corps a souffert. La part masochiste en moi a cependant adoré. J’ai suivi. Difficilement suivi. Vincent Gaudin, mon collègue du journal du trail, était entièrement dans son élément. Une sortie de mise en jambe. Il était ivre de la montagne. La joie se lisait dans ses traits. Entre moi et les autres, la différence de niveau était flagrante. Mes changements de rythme pour les prises vidéos m’ont rapidement cramé. Deuxième montée, les autres étaient déjà loin devant. Filant comme de graciles gazelles. Moi je trottinais derrière, vieille tortue fatiguée. Au Chapeau, je pensais me retrouver seul. Rentrer seul, finir seul. Récompense implicite du bon dernier.

Stage trail, un désir de s’améliorer

 

Mais un stage UCPA ce n’est pas ça. Ce n’est pas dans l’esprit. Ce n’est pas dans leur philosophie. Il dispense savoir technique et vie d’équipe. On commence ensemble, on finit ensemble. Un groupe uni, soudé, dès les premiers kilomètres. Pourquoi ? Pour apprivoiser son corps et le pousser toujours plus loin. Ils m’attendaient au point de vue du Chapeau. Vue imprenable sur le glacier. Ce géant qui recule et qui pleure. Attendant, depuis une dizaine de minute. Moi le dernier. Le mauvais. Le vilain canard. On ne m’avais pas laissé au bord de la route. Belle surprise. J’avais, de mon côté, pris le temps de recharger les batteries, fait quelques snapchats (me suivre : piotrsursnap), repris un second souffle. Mais ils étaient là.

Pas un n’a haussé le ton concernant mon manque d’aptitude. D’endurance, de vitesse. La descente fut agréable. Le retour fut difficile. En vallée, le soleil tapait fort. Trop fort pour moi. Vous savez, au dessus de 10 degrés, que je marche ou que je cours, pour moi, c’est le Sahara. Je dois me rafraîchir sous peine de défaillir. Je ne suis jamais aussi bien que dans le froid. Mon élément. En mode trail, il faut boire et manger avec un rythme de métronome. Conseil de Lionel, notre guide. Réflexe du randonneur, j’attendais la pause du midi. Erreur. Grossière erreur. Mais Vincent était là. Il m’a attendu et soutenu sur les derniers kilomètres. On a fini ensemble. Au petit trot. Juste avant les étirements.

J’ai adoré cette journée. Plus de 3h d’effort intense. Un exercice plus qu’exigeant. Pour le reste du groupe « business as usual ». Le moment le plus agréable fut sans doute de laisser décanter ses jambes dans l’eau glacée de la fontaine près du centre UCPA. Récupération par le froid. Je conseille fortement.

Stage trail, la surprise douloureuse

 

vue aiguille midiMalheureusement, comme un mauvais génie, le soir venu, mon genou gauche me demanda de faire un vœu. Soit je taisais cette douleur qui s’était (r)évéillée lors de la descente rythmée du chapeau. Soit je faisais comme sur le tour du mon blanc, en forçant la mécanique. Choisir c’est renoncer. J’ai du choisir.

J’ai de beaux projets dans les mois à venir. Treks, ascensions, courts trails. Pour certains, je me suis formellement engagé avec mes camarades. Je n’ai donc pas fait comme sur le tour du mont blanc. A mon grand regard, je n’ai pas pu poursuivre le stage de trail. Mon esprit le voulait. Mon corps l’a fait taire. Mon cœur serré les regardait partir le matin. Le prix à payer par manque de préparation.

De plus, soyons honnête, je n’ai clairement pas encore le niveau pour suivre le groupe, avec la même intensité, des jours durant. Je n’ai pas le talent naturel de Kilian Jornet. Je n’ai pas les années d’entraînement de Vincent. Comme je l’ai dit, on ne s’improvise pas traileur en un claquement de doigt. Pas moi en tout cas. Je n’aurai fait que les ralentir. Or, aussi gentils qu’ils soient, cela aurait été plus que déplacé de ma part qu’ils sacrifient les premiers jours de leur entraînement pour ma pomme. L’esprit de groupe, c’est également ne pas être individualiste Mais dans le coin, j’ai trouvé à m’occuper. J’ai passé ma troisième journée à l’Aiguille du midi. Là-haut, à panser ma douleur et mon orgueil meurtri. Là-haut, la tête dans les nuages.

vue ALPES

A la vue des neiges éternelles, les noirs soucis vite s’oublient. Le soleil était présent, au sourire radieux. Le ciel d’un bleu bonheur. Le souffle court, des heures durant, je restais assis sur la plate forme d’observation. Les nuages cavalaient sur les cimes. Alpinistes et skieurs se préparaient. L’air frais me piquait le visage. La nostalgie s’emparait de moi. A cette hauteur, le paradis ne doit pas être loin. Tant à faire, tant à voir. La montagne effacera mon passage mais ma mémoire en gardera les traces. Le rendez-vous est donné. L’appel des sentiers a déjà marqué mon calendrier de sa croix.

Luc, le directeur du centre UCPA argentières, au détour d’une conversation, a parlé de stage trail alpinisme. Pour les mordus du trail ayant soif de hauteurs. A l’écouter, j’avais des étoiles dans les yeux. Je pense revenir. Je dois revenir…


Informations pour un stage trail UCPA


C’est un projet réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la TeamAventuriers. En aucun cas l’UCPA n’a influencé la teneur de cet article.